Le magasin d'antiquités, Tome I, page 49 by Charles Dickens

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nger quand il veut, que la plus belle de vous ne le refuserait pas si j'étais morte, qu'elle fût libre, et qu'il se mit dans la tête de lui faire la cour, allez!»

Chacune se redressa devant cette affirmation, comme pour dire: «C'est moi dont vous voulez parler!... Eh bien! qu'il y vienne: on verra!» Et cependant, quelque raison cachée les animait toutes contre la veuve; pas une des dames qui ne murmurât à l'oreille de sa voisine, que cette veuve se figurait probablement être l'objet des allusions de Betzy... et que pourtant ce n'était pas le Pérou.

«Ma mère sait, ajouta mistress Quilp, que je ne me trompe pas. Elle-même m'a souvent tenu ce langage avant mon mariage. N'est-il pas vrai, maman?»

Cette question directe embarrassa singulièrement mistress Jiniwin, dont la position devenait des plus délicates; car la respectable dame avait certainement travaillé d'une manière active à marier sa fille à M. Quilp; et d'ailleurs, son orgueil maternel n'eût pas volontiers laissé s'accréditer l'idée qu'elle avait donné sa fille à un homme dont personne n'eût voulu. D'autre part, exagérer les qualités séduisantes de son gendre, c'eût été affaiblir la cause de la révolte, cette cause qu'elle avait embrassée avec ardeur. Partagée entre ces considérations contraires, mistress Jiniwin voulut bien reconnaître chez Quilp un esprit insinuant, mais elle lui refusa le droit de gouverner; et, avec un compliment bien placé à l'adresse de la grosse dame, elle ramena la discussion au point de départ.

«Oh! mistress George a dit une chose fort juste, fort sensée Si les femmes savaient seulement se respecter elles-mêmes!... Mais Betzy ne s'en doute pas, et c'est bien dommage; j'en suis honteuse pou

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