David Copperfield - Tome I, page 109 by Charles Dickens

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nts de vieux cahiers et de thèmes déchirés jonchent le plancher. Il y en a d'autres sur les pupitres qui ont servi à loger des vers à soie. Deux malheureuses petites souris blanches, abandonnées par leur propriétaire, parcourent du haut en bas une fétide petite forteresse construite en carton et en fil de fer, et leurs petits yeux rouges cherchent dans tous les coins quelque chose à manger. Un oiseau, enfermé dans une cage à peine plus grande que lui, fait de temps à autre un bruit monotone, en sautant sur son perchoir, de deux pouces de haut, ou en redescendant, sur son plancher, mais il ne chante ni ne siffle. Par toute la chambre, il règne une odeur malsaine, composé étrange, à ce qu'il me semble, de cuir pourri, de pommes renfermées et de livres moisis. Il ne saurait y avoir plus d'encre répandue dans toute cette pièce, lors même que les architectes auraient oublié d'y mettre une toiture, et que, pendant toute l'année, le ciel y aurait fait pleuvoir, neiger, ou grêler de l'encre.

M. Mell me quitta un moment, pour remonter ses bottes irréparables; je m'avançai timidement vers l'autre bout de la chambre, tout en observant ce que je viens de décrire. Tout à coup j'arrivai devant un écriteau en carton, posé sur un pupitre; on y lisait ces mots écrits en grosses lettres: «_Prenez garde. Il mord._»

Je grimpai immédiatement sur le pupitre, persuadé que dessous il y avait au moins un gros chien. Mais j'avais beau regarder tout autour de moi avec inquiétude, je ne l'apercevais pas. J'étais encore absorbé dans cette recherche, lorsque M. Mell revint, et me demanda ce que je faisais là-haut.

«Je vous demande bien pardon, monsieur, mais je regarde où est le chien.

-- Le chien! dit-il, quel chien?

-- N'est-ce pas un c

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