David Copperfield - Tome I, page 159 by Charles Dickens
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riant un peu, si elle est assez folle pour être de cet avis-là, est-ce ma faute?
-- Personne ne dit que ce soit votre faute, dit Peggotty.
-- J'espère bien que non, reprit ma mère. Ne lui avez-vous pas entendu dire cent fois que c'est pour cette raison qu'elle veut m'épargner les tracas du ménage; que je ne suis pas faite pour ces choses-là? et je ne sais vraiment pas moi-même si j'y suis propre. N'est-elle pas sur pied du matin jusqu'au soir, ne regarde-t-elle pas à tout, dans le charbonnier, dans l'office, dans le garde- manger et dans toutes sortes d'endroits assez désagréables! Voudriez-vous par hasard insinuer qu'il n'y a pas là une espèce de dévouement?
-- Je ne veux rien insinuer du tout, dit Peggotty.
-- Si, Peggotty, reprit ma mère, vous ne faites pas autre chose, sauf votre besogne; vous insinuez toujours, c'est votre bonheur, et quand vous parlez des bonnes intentions de M. Murdstone...»
-- Pour ce qui est de ça, je n'en ai jamais parlé, dit Peggotty.
-- Non, dit ma mère. Vous ne parlez jamais, mais vous insinuez toujours, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, c'est votre mauvais côté. Je vous disais à l'instant que je vous comprenais, et vous voyez que c'était vrai. Quand vous parlez des bonnes intentions de M. Murdstone et que vous avez l'air de les mépriser (ce que vous ne faites pas au fond du coeur, j'en suis sûre, Peggotty), vous devriez être aussi convaincue que moi que ses intentions sont bonnes en toutes choses. S'il semble un peu sévère avec quelqu'un (vous comprenez bien, Peggotty, et Davy aussi, j'en suis sûre, que je ne parle pas de quelqu'un de présent), c'est seulement parce qu'il est convaincu que c'est pour le bien de cette personne. Il aime naturellement cette personne à cause de moi, et il n'agit que pour son bien. Il est