David Copperfield - Tome I, page 179 by Charles Dickens

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e de couleur sombre, et traînée par un cheval noir avec une longue queue. Il y avait amplement de la place pour nous tous.

Je ne sais pas si j'ai jamais éprouvé de ma vie (peut-être parce que j'ai plus d'expérience maintenant) un sentiment plus étrange que celui que j'éprouvais alors, en les voyant si heureux d'aller en voiture au sortir d'une pareille besogne. Je n'étais pas fâché, j'avais plutôt un peu peur, il me semblait que j'étais avec des créatures d'une autre nature que la mienne. Ils étaient très-gais. Le vieillard était assis sur la banquette de devant et conduisait; les deux jeunes gens étaient assis derrière lui, et quand il leur parlait, ils se penchaient tous deux en avant, chacun d'un côté de son joyeux visage, en ayant l'air d'être tout à lui, les hypocrites! Ils auraient voulu me parler, mais je restais dans mon coin, ennuyé de les voir se faire la cour, et troublé par leur gaieté qui n'était pourtant pas bruyante, m'étonnant presque de ce que Dieu ne les punissait pas de la dureté de leur coeur.

Quand ils s'arrêtèrent pour donner de l'avoine au cheval, ils burent, mangèrent et se divertirent, mais je ne pus toucher à rien, et je restai à jeun. En approchant de la maison, je descendis de la carriole par derrière aussi vite que je le pus, afin de ne pas me trouver en semblable compagnie devant ces fenêtres solennelles, fermées du haut en bas, qui avaient l'air de me regarder sans me voir comme des yeux d'aveugle jadis brillants et maintenant éteints. Oh! j'aurais bien pu me dispenser de me demander à Salem-House si je retrouverais mes larmes en rentrant à la maison, je n'avais qu'à voir la fenêtre de ma mère devant moi, et à côté celle qui, dans des temps meilleurs, avait &eacu

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