David Copperfield - Tome I, page 189 by Charles Dickens

<< Return to Title Details & Download

 < previous  next > 

190

oment de silence.

-- Oh! son chagrin n'est pas du tout comme le mien; il est triste dans ce moment-ci, assis auprès du feu avec miss Murdstone, mais si j'entrais, Peggotty, il serait...

-- Quoi donc? dit Peggotty.

-- En colère, répondis-je, et j'imitai involontairement le froncement de ses sourcils. S'il n'était que triste, il ne me regarderait pas comme il fait. Moi, je suis triste aussi, mais il me semble que ma tristesse me dispose plutôt à la bienveillance.»

Peggotty garda le silence un moment, et je me chauffai les mains sans rien dire non plus.

«David! dit-elle enfin.

-- Eh bien! Peggotty?

-- J'ai essayé, mon cher enfant, j'ai essayé de toutes les manières, de tous les moyens connus et inconnus, pour trouver du service ici, à Blunderstone, mais il n'y a rien du tout qui puisse me convenir, mon chéri!

-- Et que comptez-vous faire, Peggotty? dis-je tristement; où comptez-vous aller chercher fortune?

-- Je crois que je serai obligée d'aller vivre à Yarmouth, dit Peggotty.

-- Encore un peu plus loin, dis-je en m'égayant un peu, et vous auriez été tout à fait perdue, mais là je pourrai vous voir encore quelquefois, ma bonne vieille Peggotty. Ce n'est pas tout à fait à l'autre bout du monde, n'est-ce pas?

-- Au contraire; s'il plaît à Dieu, s'écria Peggotty avec une grande animation, tant que vous serez ici, mon chéri, je viendrai vous voir toutes les semaines: une fois par semaine tant que je vivrai.»

Cette promesse m'ôta une grande inquiétude; mais ce n'était pas tout, Peggotty continua:

«Je vais d'abord chez mon frère, voyez-vous, David, passer une quinzaine de jours, à me reconnaître et à me remettre un peu. Maintenant je pensais que peut-être, comme on n'a pas grand besoin

 < previous  next >