David Copperfield - Tome I, page 229 by Charles Dickens
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cas «où il lui arriverait une bonne chance,» suivant son expression favorite. Mistress Micawber était douée de la même facilité d'humeur.
Une égalité étrange dans notre amitié, née, je suppose, de notre situation respective, s'établit entre cette famille et moi, malgré l'immense différence de nos âges respectifs. Mais je ne consentis jamais à accepter aucune invitation à manger ou à boire à leurs frais, (sachant qu'ils avaient bien du mal à satisfaire le boucher et le boulanger, et qu'ils avaient à peine le nécessaire) tant que mistress Micawber ne m'eut pas admis à sa confiance la plus entière. Un soir, elle finit par là.
«Monsieur Copperfield, dit-elle, je ne veux pas vous traiter en étranger, et je n'hésite pas à vous dire que la crise approche pour les affaires de M. Micawber».
J'éprouvai un vrai chagrin en apprenant cette nouvelle, et je regardai les yeux rouges de mistress Micawber avec la plus profonde sympathie.
«À l'exception d'un morceau de fromage de Hollande, ressource insuffisante pour les besoins de ma jeune famille, dit Mistress Micawber, il n'y a pas une miette de nourriture dans le garde- manger. J'ai pris l'habitude de parler de garde-manger quand je demeurais chez papa et maman, et j'emploie cette expression sans y penser. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a rien à manger dans la maison.
-- Grand Dieu! dis-je, avec une vive émotion». J'avais deux ou trois shillings dans ma poche, de l'argent de ma semaine, ce qui me fait supposer que cette conversation devait avoir lieu un mardi soir; je tirai aussitôt mon argent en priant mistress Micawber de tout mon coeur de vouloir bien accepter ce petit prêt. Elle m'embrassa et me fit remettre ma fortune dans ma poche en me disant qu'elle ne pouvait y consenti