David Copperfield - Tome I, page 239 by Charles Dickens
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union ce soir-là en son honneur, tandis que mistress Micawber et moi mangions une fricassée d'agneau en particulier, entourés des enfants endormis.
«En cette occasion, je vous propose, monsieur Copperfield, dit mistress Micawber, de boire encore un petit verre de grog à la bière;» il y avait déjà un bout de temps que nous n'en avions pris, «À la mémoire de papa et maman.
-- Sont-ils morts, madame? demandai-je après lui avoir fait raison avec un verre à vin de Bordeaux.
-- Maman a quitté la terre, dit mistress Micawber, avant le commencement des embarras de M. Micawber, ou du moins avant qu'ils devinssent sérieux. Mon papa a vécu assez pour servir plusieurs fois de caution à M. Micawber, après quoi il est mort, regretté de ses nombreux amis.»
Mistress Micawber secoua la tête et versa une larme de piété filiale sur celui des jumeaux qu'elle tenait pour le moment.
Je ne pouvais espérer une occasion plus favorable de lui poser une question du plus haut intérêt pour moi; je dis donc à mistress Micawber:
«Puis-je vous demander, madame, ce que vous comptez faire, maintenant que M. Micawber s'est tiré de ses embarras, et qu'il est en liberté? Avez-vous pris un parti?
-- Ma famille, dit mistress Micawber, qui prononçait toujours ces deux mots d'un air majestueux, sans que j'aie jamais pu découvrir à qui elle les appliquait: «Ma famille est d'avis que M. Micawber ferait bien de quitter Londres, et de chercher à employer ses facultés en province. M. Micawber a de grandes facultés, monsieur Copperfield.»
Je dis que je n'en doutais pas.
«De grandes facultés, répéta mistress Micawber. Ma famille est d'avis qu'avec un peu de protection on pourrait tirer parti d'un homme comme lui