David Copperfield - Tome I, page 269 by Charles Dickens

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a touchai du bout du doigt:

«Madame, s'il vous plaît, commençai-je.»

Elle tressaillit et releva les yeux.

«Ma tante, s'il vous plaît...

-- Hein? dit miss Betsy, d'un ton d'étonnement tel que je n'ai jamais rien vu de pareil.

-- Ma tante, s'il vous plaît, je suis votre neveu.

-- Oh! mon Dieu! dit ma tante, et elle s'assit par terre dans l'allée.

-- Je suis David Copperfield, de Blunderstone, dans le comté de Suffolk, où vous êtes venue la nuit de ma naissance voir ma chère maman. J'ai été bien malheureux depuis sa mort. On m'a négligé, on ne m'a rien fait apprendre, on m'a abandonné à moi-même et on m'a donné une besogne pour laquelle je ne suis pas fait. Je me suis sauvé pour venir vous trouver; on m'a volé au moment de mon évasion, et j'ai marché tout le long du chemin sans avoir couché dans un lit depuis mon départ.» Ici mon courage m'abandonna tout à coup, et levant les mains pour lui montrer mes haillons et tout ce que j'avais souffert, je versai, je crois, tout ce que j'avais de larmes sur le coeur depuis huit jours.

Jusque-là, la physionomie de ma tante n'avait exprimé que l'étonnement; assise sur le sable, elle me regardait en face, mais quand je me mis à pleurer, elle se leva précipitamment, me prit par le collet et m'emmena dans le salon. Son premier soin fut d'ouvrir une grande armoire, d'y prendre plusieurs bouteilles et de verser une partie de leur contenu dans ma bouche. Je suppose qu'elle les avait prises au hasard et sans choix, car je suis bien sûr d'avoir goûté d'enfilade de l'anisette, de la sauce d'anchois et une préparation pour la salade. Quand elle m'eut administré ces remèdes, comme j'étais dans un état nerveux qui ne me permettait pas d'étouffer mes

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