David Copperfield - Tome I, page 289 by Charles Dickens
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aime à enlever un cerf-volant de temps en temps, qu'est-ce que cela dit? Franklin enlevait des cerfs-volants. Il était quaker ou quelque chose de cette espèce, si je ne me trompe. Et un quaker enlevant un cerf-volant est beaucoup plus ridicule qu'un homme ordinaire.»
Si j'avais pu supposer que ma tante m'avait raconté ces détails pour mon édification personnelle, ou pour me donner une preuve de confiance, j'aurais été très-flatté, et j'aurais tiré des pronostics favorables d'une telle marque de faveur. Mais je ne pouvais pas me faire d'illusion à cet égard: il était évident pour moi que, si elle se lançait dans ces explications, c'est que la question se soulevait malgré elle dans son esprit: c'est à elle qu'elle répondait et non à moi, quoique ce fût à moi qu'elle adressât son discours en l'absence de tout autre auditeur.
En même temps je dois dire que la générosité avec laquelle elle défendait le pauvre M. Dick ne m'inspira pas seulement quelques espérances égoïstes pour mon compte, mais éveilla aussi dans mon coeur une certaine affection pour elle. Je crois que je commençais à m'apercevoir que, malgré toutes les excentricités et les étranges fantaisies de ma tante, c'était une personne qui méritait respect et confiance. Quoiqu'elle fût aussi animée que la veille contre les ânes, et qu'elle se précipitât aussi souvent hors au jardin pour défendre la pelouse; quelque violente indignation qu'elle éprouvât en voyant un jeune homme en passant faire les yeux doux à Jeannette assise à la fenêtre, ce qui était une des offenses les plus graves qu'on pût porter à la dignité de ma tante, cependant il m'était impossible de ne pas me se