David Copperfield - Tome I, page 29 by Charles Dickens

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c;me plus que par le passé, et nous faisions un trio d'amis, mais pourtant ce n'était pas tout à fait comme autrefois, et nous n'étions pas si heureux. Parfois je me figurais que Peggotty était fâchée de voir porter successivement à ma mère toutes les jolies robes qu'elle avait dans ses tiroirs, ou bien qu'elle lui en voulait d'aller si souvent chez la même voisine, mais je ne pouvais pas venir à bout de bien comprendre d'où cela venait.

Je finissais par m'accoutumer au monsieur aux grands favoris noirs. Je ne l'aimais pas plus qu'au commencement, et j'en étais tout aussi jaloux, mais pas par la raison que j'aurais pu donner quelques années plus tard. C'était une aversion d'enfant, purement instinctive, et basée sur une idée générale que Peggotty et moi nous n'avions besoin de personne pour aimer ma mère. Je n'avais pas d'autre arrière-pensée. Je savais faire, à part moi, mes petites réflexions, mais quant à les réunir, pour en faire un tout, c'était au-dessus de mes forces.

J'étais dans le jardin avec ma mère, par une belle matinée d'automne, quand M. Murdstone arriva à cheval (j'avais fini par savoir son nom). Il s'arrêta pour dire bonjour à ma mère, et lui dit qu'il allait à Lowestoft voir des amis qui y faisaient une partie avec leur yacht, puis il ajouta gaiement qu'il était tout prêt à me prendre en croupe si cela m'amusait.

Le temps était si pur et si doux, et le cheval avait l'air si disposé à partir, il caracolait si gaiement devant la grille, que j'avais grande envie d'être de la partie. Ma mère me dit de monter chez Peggotty pour m'habiller, tandis que M. Murdstone allait m'attendre. Il descendit de cheval, passa son bras dans les rênes, et se mit à longer doucement la baie d'au

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