David Copperfield - Tome I, page 329 by Charles Dickens
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s traces gluantes, comme un limaçon.
«Vous travaillez bien tard ce soir, Uriah, lui dis-je.
-- Oui, monsieur Copperfield.»
En prenant un tabouret en face de lui, pour lui parler plus à mon aise je remarquai qu'il ne savait pas sourire: il ouvrait seulement la bouche et dessinait, en l'ouvrant, deux rides profondes dans ses joues: c'était là tout.
«Je ne travaille pas pour l'étude, monsieur Copperfield, dit Uriah.
-- Que faites-vous donc, alors? demandai-je.
-- Je tâche d'avancer dans la science du droit, monsieur Copperfield. J'étudie en ce moment-ci la Pratique de Tidd. Ah! quel écrivain que ce Tidd, monsieur Copperfield!»
Mon tabouret était un observatoire si commode, qu'en le regardant reprendre sa lecture après cette exclamation d'enthousiasme, je remarquai, pendant qu'il suivait les mots avec son doigt, que ses narines minces et pointues, toujours en mouvement avec une puissance de contraction et de dilatation surprenante, servaient d'interprète à sa pensée: il clignait du nez comme les autres clignent de l'oeil; ses yeux, à lui, ne disaient rien du tout.
«Je suppose que vous êtes un grand légiste? dis-je après l'avoir observé quelque temps en silence.
-- Moi, monsieur Copperfield! dit Uriah. Oh! non; je suis dans une situation si humble.»
Je remarquai que l'étrange sensation que m'avait fait éprouver le contact de sa main ne devait pas être un fruit de mon imagination, car il les frottait sans cesse comme s'il voulait les sécher et les réchauffer, puis il les essuyait à la dérobée avec son mouchoir.
«Je sais bien que je suis dans la situation la plus humble, dit Uriah modestement, en comparaison des autres. Ma mère est très- humble aussi, nous vivons dans une humble demeure, monsieur Copperfield, et n