David Copperfield - Tome I, page 429 by Charles Dickens

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au, c'est quelque chose de si curieux!

-- Va donc pour ce soir! dit Steerforth.

-- Je ne les préviendrai pas de notre arrivée, vous savez, dis-je tout enchanté. Il faut les prendre par surprise.

-- Oh! cela va sans dire, répondit Steerforth, il n'y aurait plus de plaisir si on ne les prenait pas sur le fait. Il faut voir les indigènes dans leur état naturel.

-- Pourtant, ce ne sont que des gens de l'espèce dont vous parliez l'autre jour, lui dis-je.

-- Ah! vous vous souvenez de mes escarmouches avec Rosa? s'écria- t-il vivement. Cette fille m'est insupportable, j'ai presque peur d'elle. Elle me fait l'effet d'un vampire. Mais n'y pensons plus. Qu'allez-vous faire maintenant? Je suppose que vous allez voir votre vieille bonne?

-- Oui, certes, dis-je, il faut que je commence par voir Peggotty.

-- Voyons! répliqua Steerforlh en tirant sa montre, je vous donne deux heures pour pleurnicher tout votre soûl, est-ce assez?»

Je répondis que je pensais qu'il ne nous en fallait pas davantage, mais qu'il devrait venir aussi, et qu'il verrait que son renom l'avait précédé et qu'on le regardait comme un personnage presque aussi important que moi.

«Je viendrai où vous voudrez, et je ferai ce que vous voudrez, dit Steerforth; dites-moi seulement où je dois me rendre, et je ne vous demande que deux heures pour me préparer à mon rôle, sentimental ou comique, à votre choix.»

Je lui donnai les renseignements les plus détaillés pour trouver la demeure de M. Barkis, et ceci convenu, je sortis seul. L'air était vif, le pavé était sec, la mer était transparente, le soleil versait des flots de lumière, sinon de chaleur, et tout le monde semblait gai et en train. Je me sentais si joyeux que, dans ma satisfaction de me retrouver à Yarmouth, j'aurais volontiers ar

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