David Copperfield - Tome I, page 629 by Charles Dickens
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étions de vrais agneaux. Minnie et Joram viennent d'aller chez Barkis où elle se rend, dès que l'heure du travail est finie, pour aider un peu sa tante. Ils y sont allés pour lui demander des nouvelles du pauvre homme: si vous vouliez attendre leur retour, ils vous donneraient tous les renseignements. Voulez-vous prendre quelque chose? Un grog au rhum? Voulez-vous faire comme moi? Car c'est toujours ce que je bois en fumant, dit M. Omer en prenant son verre; on dit que c'est bon pour la gorge, et que cela facilite cette malheureuse respiration. Mais voyez-vous, dit M. Omer d'une voix enrouée, ce n'est pas le passage qui est en mauvais état. C'est ce que je dis toujours à Minnie: «Donne-moi le souffle, ma fille, et je me charge de lui trouver un passage, ma chère!»
Il avait vraiment l'haleine si courte qu'il était très-inquiétant à voir rire. Quand il eut recouvré la parole, je le remerciai des rafraîchissements qu'il venait de m'offrir, et que je refusai, en disant que je sortais de table, mais j'ajoutai que, puisqu'il voulait bien m'y inviter, j'attendrais le retour de son gendre et de sa fille, puis je demandai des nouvelles de la petite Émilie.
«À vous dire vrai, monsieur, dit M. Omer en quittant sa pipe afin de pouvoir se frotter le menton, je serai bien aise quand le mariage sera fait.
-- Et pourquoi cela, demandai-je.
-- Voyez-vous, elle est sens dessus dessous pour le moment, dit M. Omer. Ce n'est pas qu'elle ne soit pas aussi jolie qu'autrefois; bien au contraire, je vous assure qu'elle est plus jolie que jamais. Ce n'est pas qu'elle ne travaille pas aussi bien qu'autrefois, bien au contraire, elle valait six ouvrières, et elle les vaut encore aujourd'hui. Mais elle manque d'entrain. Vous savez ce que je veux dire, continua M. Omer en fumant un peu; puis, en se frottant après le menton: «Allons, hardi: là, mes gaillards, un