David Copperfield - Tome II, page 449 by Charles Dickens
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paraître, avec une famille prédestinée au malheur, d'un lieu où nous semblons être à charge à tout le monde. Ce sera bientôt un fait accompli. On peut supposer avec quelque raison que notre plus jeune enfant expirera le premier d'inanition, lui qui est le plus frêle de tous; les jumeaux le suivront. Qu'il en soit ainsi! Quant à moi, mon séjour à Canterbury a déjà bien avancé les choses; la prison pour dettes et la misère feront le reste. J'ai la confiance que le résultat heureux d'une enquête longuement et péniblement exécutée, au milieu de travaux incessants et de craintes douloureuses, au lever du soleil comme à son coucher, et pendant l'ombre de la nuit, sous le regard vigilant d'un individu qu'il est superflu d'appeler un démon, et dans l'angoisse que me causait la situation de mes infortunés héritiers, répandra sur mon bûcher funèbre quelques gouttes de miséricorde. Je n'en demande pas davantage. Qu'on me rende seulement justice, et qu'on dise de moi comme de ce noble héros maritime, auquel je n'ai pas la prétention de me comparer, que ce que j'ai fait, je l'ai fait, en dépit d'intérêts égoïstes ou mercenaires,
_Par amour pour la vérité, Pour l'Angleterre et la beauté._
«Je suis pour la vie, etc., etc.
«Wilkins Micawber.»
M. Micawber plia sa lettre avec une vive émotion, mais avec une satisfaction non moins vive, et la tendit à ma tante comme un document qu'elle aurait sans doute du plaisir à garder.
Il y avait dans la chambre un coffre-fort en fer: je l'avais déjà remarqué lors de ma première visite. La clef était sur la serrure. Un soupçon soudain sembla s'emparer d'Uriah; il jeta un regard sur M. Micawber, s'élança ver