Barnabé Rudge, Tome I, page 129 by Charles Dickens
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ent contre lesquelles venait se briser toute l'intelligence de John. Sa seule ressource était de consulter le chaudron et d'attendre avec impatience le retour de Barnabé.
Mais Barnabé n'avait jamais été si long à revenir. Le dîner de l'hôte fut servi, enlevé, son vin fut mis sur la table, le feu ravitaillé, l'âtre proprement balayé; le jour baissa, la brune vint, il fit tout à coup noir, et Barnabé ne parut pas. Cependant, quoique John Willet fût plein d'étonnement et de méfiance, son hôte demeura assis dans sa bergère, une jambe sur l'autre, sans plus de dérangement, selon toute apparence, en ses pensées qu'en son costume; le même monsieur tranquille, à son aise, froid, n'ayant pas l'air de songer à autre chose qu'à son cure-dent d'or.
«Barnabé tarde bien, dit John, qui hasarda cette observation en plaçant sur la table une paire de chandeliers ternis, hauts de trois pieds, ou peu s'en faut, et en mouchant les chandelles qui les allongeaient encore.
-- Il tarde un peu, répliqua l'hôte en dégustant son vin. Il ne tardera guère davantage, assurément.»
John toussa, et en même temps il dégagea le feu.
«Comme vos routes n'ont pas une très bonne réputation, si du moins j'en peux juger d'après l'accident de mon fils, dit M. Chester, et comme je ne me soucie pas de recevoir un coup sur la tête, ce qui non seulement déconcerte pour l'instant, mais vous met en outre dans une position ridicule aux yeux des gens qui surviennent et vous ramassent, je resterai ici ce soir. Vous m'avez dit, il me semble, que vous aviez un lit de réserve?
-- Et un lit, monsieur, répliqua John, un lit comme il y en a peu, même dans les maisons aristocratiques, un lit qui ne bouge pas d'ici,