Barnabé Rudge, Tome II, page 189 by Charles Dickens
<< Return to Title Details & Download190
constitutionnel. Voilà une proclamation. Voilà un homme désigné dans la proclamation. Voilà des preuves contre lui, et un témoin oculaire. Que diable! mettez- le en place, et tirez-lui une balle dans la tête, monsieur. Pour quoi faire un magistrat?
-- Quand est-ce qu'on le mène devant sir John Fielding? demanda le premier interlocuteur.
-- Ce soir, à huit heures, répondit l'autre. Eh bien! voyez un peu les suites de tout ça. Le magistrat l'envoie à Newgate. Bon! nous l'amenons à Newgate. Les insurgés nous attaquent. Nous reculons devant les insurgés. On nous jette des pierres, on nous insulte: nous ne tirons pas un coup de fusil. Pourquoi ça? Parce qu'il y a des magistrats. Que le diable emporte les magistrats!»
Après s'être donné la consolation d'épuiser toutes les malédictions de son vocabulaire contre les magistrats, l'homme ne fit plus entendre qu'un grognement sourd, qui lui échappait de temps en temps, toujours à l'adresse de ces autorités respectables.
Barnabé, qui avait encore assez d'esprit pour comprendre que cette conversation l'intéressait directement, resta parfaitement tranquille jusqu'à la fin; puis, quand ils ne dirent plus rien. Il reprit à tâtons le chemin de la porte, et jetant un coup d'oeil par les trous ventilatoires, il essaya de voir ce que c'était que les hommes qu'il venait d'entendre causer là.
Celui qui condamnait en termes si énergiques le pouvoir civil, était un sergent, pour le moment employé, comme on le voyait aux rubans qui flottaient sur sa calotte, au service du recrutement. Il était appuyé de côté contre un pilier, presque en face de la porte, et, tout en grommelant entre ses dents, il dessinait avec sa canne des arabesques sur le trottoir. L'autre avait le do