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t le conseil que je donne à de Guiche est un conseil d’ami.
Pendant ce débat, de Guiche, un peu atterré, regardait alternativement l’un et l’autre de ses deux conseillers.
Il sentait en lui-même qu’un jeu, important pour le reste de sa vie, se jouait à ce moment-là.
-- N’est-ce pas, dit le chevalier interpellant le comte lui-même, n’est-ce pas, de Guiche, que la scène n’a pas été aussi orageuse que semble le penser M. le vicomte de Bragelonne, qui, d’ailleurs, n’était pas là?
-- Monsieur, insista Raoul, orageuse ou non, ce n’est pas précisément de la scène elle-même que je parle, mais des suites qu’elle peut avoir. Je sais que Monsieur a menacé; je sais que Madame a pleuré.
-- Madame a pleuré? s’écria imprudemment de Guiche en joignant les mains.
-- Ah! par exemple, dit en riant le chevalier, voilà un détail que j’ignorais. Vous êtes décidément mieux instruit que moi, monsieur de Bragelonne.
-- Et c’est aussi comme étant mieux instruit que vous, chevalier, que j’insiste pour que de Guiche s’éloigne.
-- Mais non, non encore une fois, je regrette de vous contredire, monsieur le vicomte, mais ce départ est inutile.
-- Il est urgent.
-- Mais pourquoi s’éloignerait-il? Voyons.
-- Mais le roi? le roi?
-- Le roi! s’écria de Guiche.
-- Eh! oui, te dis-je, le roi prend l’affaire à coeur.
-- Bah! dit le chevalier, le roi aime de Guiche et surtout son père; songez que, si le comte partait, ce serait avouer qu’il a fait quelque chose de répréhensible.
-- Comment cela?
-- Sans doute, quand on fuit, c’est qu’on est coupable ou qu’on a peur.
-- O
Le vicomte de Bragelonne, Tome II., page 338
by Alexandre Dumas