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vois, ce n’est pas une cour bien sombre et bien préparée aux guerres intestines qu’une cour où l’on danse avec une telle assiduité. Voyons, avoue cela, Raoul.
Raoul secoua la tête.
-- Je n’ai plus rien à dire, répliqua-t-il.
-- Mais enfin, demanda le chevalier, curieux de savoir à quelle source Raoul avait puisé des renseignements dont il était forcé de reconnaître intérieurement l’exactitude, vous vous dites bien informé, monsieur le vicomte; comment le seriez-vous mieux que moi qui suis des plus intimes du prince?
-- Monsieur, répondit Raoul, devant une pareille déclaration, je m’incline. Oui, vous devez être parfaitement informé, je le reconnais, et, comme un homme d’honneur est incapable de dire autre chose que ce qu’il sait, de parler autrement qu’il ne le pense, je me tais, me reconnais vaincu, et vous laisse le champ de bataille.
Et effectivement, Raoul, en homme qui paraît ne désirer que le repos, s’enfonça dans un vaste fauteuil, tandis que le comte appelait ses gens pour se faire habiller.
Le chevalier sentait l’heure s’écouler et désirait partir; mais il craignait aussi que Raoul, demeuré seul avec de Guiche, ne le décidât à rompre la partie.
Il usa donc de sa dernière ressource.
-- Madame sera resplendissante, dit-il; elle essaie aujourd’hui son costume de Pomone.
-- Ah! c’est vrai, s’écria le comte.
-- Oui, oui, continua le chevalier: elle vient de donner ses ordres en conséquence. Vous savez, monsieur de Bragelonne, que c’est le roi qui fait le Printemps.
-- Ce sera admirable, dit de Guiche, et voilà une raison meilleure que toutes celles que vous m’avez données pour rester; c’est que, comme c’es
Le vicomte de Bragelonne, Tome II., page 340
by Alexandre Dumas