Le Tour du Monde; Ava, page 99 by Various Authors

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eacute;rience que j'ai des moeurs du pays me donne la conviction que le pays birman ne pourra efficacement être entraîné dans les voies de la conversion que lorsque les femmes y seront entrées.

[Illustration: Vallée l'Irawady au confluent du Myit-Nge (voy. p. 291).--Dessin de Paul Puet d'après H. Yule.]

«Ici, la femme ne ressemble en rien à ces créatures douces, timides et indolentes qui se renferment dans les zènanahs de l'Inde, tremblant à la voix ou sous le regard du maître, et n'exerçant sur ses déterminations aucune espèce d'empire. La femme birmane jouit au contraire d'une influence immense. Aux charmes de sa personne, elle unit en général l'énergie de la volonté, et c'est elle, en réalité, qui donne aux moeurs du pays leurs caractères les plus distinctifs. Il suffit d'un désir exprimé par la femme d'un chef de village, pour que le fier montagnard aille porter au loin le pillage et la mort, et dans la capitale même de l'empire on a vu des guerres désastreuses qui n'avaient pas d'autre cause que celle-là.

«La Société des traités religieux fournit ses traités, la Société biblique donne des Bibles, la Société des Missions envoie ses agents et construit des zayats (chapelles du pays); mais tout cela en vue des hommes, et qu'en résulte-t-il? Un Birman entre dans le zayat, écoute, réfléchit, revient encore, puis, après avoir bien pesé ses impressions, il dit un jour à sa famille: «Cette religion est la vérité; je suis décidé à adorer désormais le Jésus-Christ qu'elle prêche.» Mais à peine a-t-il laissé tomber ces mots, que sa mère se précipite sur lui, lui arrache sa touffe de cheveux, ou menace de

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