Le Tour du Monde; Perse, page 19 by Various Authors
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question de quartiers ruinés, compris dans les limites d'une cité qui n'avait pas alors d'égale dans le monde musulman ni chrétien, à l'exception de Constantinople et d'Alexandrie. Shah-Abbas le Grand lui-même, si jaloux de la beauté de sa grande ville et qui l'embellit de tant de merveilles, s'il fut un infatigable constructeur de palais, de caravansérails, de mosquées et de colléges, se soucia peu de relever les édifices de ses prédécesseurs. Seulement il est clair que, de son temps, les monuments debout dépassaient en nombre ceux qui se dégradaient, et que les maisons en construction ou nouvellement construites l'emportaient sur celles qu'on laissait s'écrouler.
Il ne faut pas non plus se plaindre trop amèrement des ruines, quand toutefois elles sont contenues dans de certaines limites. Leur présence fait partie nécessaire de la physionomie d'une cité persane, et je n'ai pas, au point de vue du goût, un culte si passionné pour la régularité, la symétrie et la belle ordonnance, pour les alignements corrects, les trottoirs bien raccordés et les coins de rue irréprochables, que je sois en droit de pousser des soupirs bien profonds à la vue de quelques bâtiments écroulés.
La mosquée du roi est grande et noble. Son dôme d'émail bleu travaillé d'arabesques jaunes à grands ramages est d'une rare magnificence. Cependant le voisinage de la place ou meydan lui fait du tort. Ce grand quadrilatère est si étendu, que tous les monuments qui le bordent, et la mosquée du roi comme les autres, semblent petits. C'est là que se donnaient, sous les Séfévys, et que se donnent encore aujourd'hui, mais avec beaucoup moins de splendeur, les fêtes publiques. Les rois, comme Shah-Abbas, assistaient aux solennités du ha