Le Tour du Monde; Perse, page 29 by Various Authors

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ses habitants, il était bon que ceux-ci se confinassent chez eux, et, contents de leur prospérité, n'allassent pas troubler le monde.

Il y a à Ispahan beaucoup de gens instruits dans tous les genres, des marchands riches ou aisés, des propriétaires qui vivent en rentiers et ne recherchent pas les emplois publics, enfin tout un fonds d'existences calmes, tranquilles et honnêtes, qui est comme le reflet de l'ancienne splendeur de la capitale des Séfévys. À beaucoup d'égards, mais en plus grand, je crois que l'on pourrait comparer Ispahan à Versailles.

Je garde à cette cité déchue un très-tendre souvenir. Elle n'est pas belle comme le Caire, mais délicieuse comme un rêve, et si elle n'a pas le sérieux et la majesté grave d'une ville construite en pierres de taille, il faut convenir que ces immenses édifices peints, dorés, couverts d'émaux, ses murs bleus ou à grands ramages, qui reflètent les rayons du soleil, ses vastes bazars, ses jardins immenses, ses platanes, ses roses, en font le triomphe de l'élégant et le modèle du joli. Ispahan n'a pu être conçu et exécuté que par des rois et des architectes qui passaient leurs jours et leurs nuits à entendre raconter de merveilleux contes de fées.

[Illustration: Une peinture indienne dans le palais des Quarante-Colonnes, à Ispahan (voy. p. 20).--Dessin de M. Jules Laurens.]

Il n'est jamais agréable de laisser un lieu où l'on est bien, mais il est plus désagréable encore de passer de ce bon logis dans un autre plus mauvais. En quittant Ispahan, nous allions constater par nous-mêmes la distance qui sépare les monuments de sa grandeur des ruines de sa décadence.

D'Ispahan à Kaschan.

Le jour de notre départ nous ne f&ic

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