Le Tour du Monde; Perse, page 69 by Various Authors
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t constituent presque des exceptions. Il y a telle ville, comme Démavend, par exemple, qui compte trois ou quatre mille âmes, où je n'ai trouvé que deux hommes ayant chacun deux femmes, et je dois dire qu'on ne leur en savait pas gré. Je parle des musulmans; car les nossayrys (ou Aly-Illays, sectaires) sont monogames. Ainsi, en admettant, comme on l'a dit, que la polygamie soit nuisible à la population, ce qui est un peu difficile à croire quand on voit les enfants de Feth-Aly-Schah donner à la troisième génération une tribu d'au moins cinq mille personnes, encore faut-il avouer que la polygamie ne saurait être comptable de la dépopulation de la Perse, puisqu'on peut dire presque à la rigueur qu'elle n'y existe pas. Il arrive quelquefois qu'un Persan, changeant de ville de temps à autre, aura une femme dans chacune de ces résidences, mais ces cas sont aussi des exceptions.
Les femmes sont très-rigoureusement cloîtrées dans l'endéroun, en ce sens que personne du dehors, aucun étranger à la famille n'y est admis. Mais, d'autre part, elles sont parfaitement libres de sortir depuis le matin jusqu'au soir et même depuis le soir jusqu'au matin dans beaucoup de circonstances. D'abord, elles ont le bain; elles y vont avec une servante qui porte sous son bras un coffret rempli des objets de toilette et des parures nécessaires, et elles en reviennent au plus tôt quatre ou cinq heures après. Ensuite, elles ont les visites qu'elles se font entre elles et qui ne durent pas moins longtemps. Puis elles ont leurs invitations pour les naissances, les mariages, les anniversaires, les fêtes publiques et particulières qui se renouvellent incessamment, sans compter les simples réunions plus fréquentes encore. Elles ont aussi les pèlerinages à des tombeaux situés à peu de distance dans de jolis pa