Le Tour du Monde; Perse, page 79 by Various Authors

<< Return to Title Details & Download

 < previous  next > 

80

ecirc;me élégance que dans les siècles passés. Le style a changé. J'ai vu faire des folies pour des oeuvres anciennes, qui, en effet, étaient fort belles.

Les chansons jouissent d'une grande faveur, mais il faut qu'elles soient nouvelles, et les dernières connues ont surtout la vogue. Beaucoup sont satiriques et souvent politiques. Parmi celles qui ne traitent que des charmes de l'amour et du vin, un grand nombre a la plus auguste origine. Le roi, sa mère et les dames de l'endéroun royal en produisent sans cesse, qui sont aussitôt répétées dans le bazar et dans les autres endérouns. Mais si l'on change les paroles, il est rare que l'on fasse de nouveaux airs, et c'est pourquoi, au dire des personnes compétentes, la musique est entrée dans une phase de décadence. Peu de gens en savent la théorie, et on se contente d'apprendre par coeur certaines séries de chants qui permettent pleinement de se tenir au courant des nouveautés.

Dans toutes les rues, on rencontre des conteurs d'histoires ambulants. Autrefois, les cafés leur servaient surtout de théâtre, comme en Turquie. Mais les cafés, invention toute récente en Perse, ont été supprimés par l'Emyr-Nyzam, parce qu'on y parlait politique et qu'on y faisait trop d'opposition. Ils n'ont pas été rétablis depuis. Dans un emplacement assez vaste, près du Marché-Vert, on a construit une sorte de hangar en planches, ouvert de tous côtés et garni de gradins, de façon à pouvoir contenir deux ou trois cents personnes accroupies sur leurs talons. Au fond du hangar, s'étend une estrade. C'est là que depuis le matin jusqu'au soir se succèdent et les conteurs et les auditeurs. Les Mille et une Nuits sont considérées comme un recueil classique, fort beau assurém

 < previous  next >