20000 Lieues sous les mers, page 429 by Jules Verne

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regardai le capitaine. Sa figure avait repris son impassibilité habituelle. Il s'était croisé les bras. Il réfléchissait. Le Nautilus ne bougeait plus.

Le capitaine prit alors la parole :

« Messieurs, dit-il d'une voix calme, il y a deux manières de mourir dans les conditions où nous sommes. »

Cet inexplicable personnage avait l'air d'un professeur de mathématiques qui fait une démonstration à ses élèves.

« La première, reprit-il, c'est de mourir écrasés. La seconde, c'est de mourir asphyxiés. Je ne parle pas de la possibilité de mourir de faim, car les approvisionnements du Nautilus dureront certainement plus que nous. Préoccupons-nous donc des chances d'écrasement ou d'asphyxie.

-- Quant à l'asphyxie, capitaine, répondis-je, elle n'est pas à craindre, car nos réservoirs sont pleins.

-- Juste, reprit le capitaine Nemo, mais ils ne donneront que deux jours d'air. Or, voilà trente-six heures que nous sommes enfouis sous les eaux, et déjà l'atmosphère alourdie du Nautilus demande à être renouvelée. Dans quarante-huit heures, notre réserve sera épuisée.

-- Eh bien, capitaine, soyons délivrés avant quarante-huit heures !

-- Nous le tenterons, du moins, en perçant la muraille qui nous entoure.

-- De quel côté ? demandai-je.

-- C'est ce que la sonde nous apprendra. Je vais échouer le Nautilus sur le banc inférieur, et mes hommes, revêtus de scaphandres, attaqueront l'iceberg par sa paroi la moins épaisse.

-- Peut-on ouvrir les panneaux du salon ?

-- Sans inconvénient. Nous ne marchons plus. »

Le capitaine Nemo sortit. Bientôt des sifflements m'apprirent que l'eau s'introdu

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