Robur-le-Conquerant , page 169 by Jules Verne

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oss, l'Erebus et le Terror.

L'Albatros allait-il donc se brûler à leurs flammes comme un papillon gigantesque?

Il y eut là une heure palpitante. L'un des volcans, l'Erebus, semblait se précipiter sur l'aéronef qui ne pouvait dévier du lit de l'ouragan. Les panaches de flamme grandissaient à vue d'&oelig;il. Un réseau de feu barrait la route. D'intenses clartés emplissaient maintenant l'espace. Les figures, vivement éclairées à bord, prenaient un aspect infernal. Tous, immobiles, sans un cri, sans un geste, attendaient l'effroyable minute, pendant laquelle cette fournaise les envelopperait de ses feux.

Mais l'ouragan qui entraînait l'Albatros, le sauva de cette épouvantable catastrophe. Les flammes de l'Erebus, couchées par la tempête, lui livrèrent passage. Ce fut au milieu d'une grêle de substances laviques, repoussées heureusement par l'action centrifuge des hélices suspensives, qu'il franchit ce cratère en pleine éruption.

Une heure après, l'horizon dérobait aux regards les deux torches colossales qui éclairent les confins du monde pendant la longue nuit du pôle.

A deux heures du matin, l'île Ballery fut dépassée à l'extrémité de la côte de la Découverte, sans qu'on pût la reconnaître, puisqu'elle était soudée aux terres arctiques par un ciment de glace.

Et alors, à partir du cercle polaire que l'Albatros recoupa sur le cent soixante-quinzième méridien, l'ouragan l'emporta au-dessus des banquises, au-dessus des icebergs, contre lesquels il risqua cent fois d'être brise. Il n'était plus dans la main de son timonier, mais dans la main de Dieu... Dieu est un bon pilote.

L'aéronef remontait alors le méridien de Paris, qui fait un

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