Robur-le-Conquerant , page 29 by Jules Verne

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ppui solide. qu'on imprime à une colonne de ce fluide un mouvement ascensionnel de quarante-cinq mètres à la seconde, et un homme pourra se maintenir à sa partie supérieure, si les semelles de ses souliers mesurent en superficie un huitième de mètre carré seulement. Et, si la vitesse de la colonne est portée à quatre-vingt-dix mètres, il pourra y marcher à pieds nus. Or, en faisant fuir, sous les branches d'une hélice, une masse d'air avec cette rapidité, on obtient le même résultat. »

Ce que Robur disait là, c'était ce qu'avaient dit avant lui tous les partisans de l'aviation, dont les travaux devaient, lentement mais Sûrement, conduire à la solution du problème. A MM. de Ponton d'Amécourt, de La Landelle, Nadar, de Luzy, de Louvrié, Liais, Béléguic, Moreau, aux frères Richard, à Babinet, Jobert, du Temple, Salives, Penaud, de Villeneuve, Gauchot et Tatin, Michel Loup, Edison, Planavergne, à tant d'autres enfin, l'honneur d'avoir répandu ces idées si simples! Abandonnées et reprises plusieurs fois, elles ne pouvaient manquer de triompher un jour. Aux ennemis de l'aviation, qui prétendaient que l'oiseau ne se soutient que parce qu'il échauffe l'air dont il se gonfle, leur réponse s'était-elle donc fait attendre? N'avaient-ils pas prouvé qu'un aigle, pesant cinq kilogrammes, aurait dû s'emplir de cinquante mètres cubes de ce fluide chaud, rien que pour se soutenir dans l'espace?

C'est ce que Robur démontra avec une indéniable logique, au milieu du brouhaha qui s'élevait de toutes parts. Et, comme conclusion, voici les phrases qu'il jeta à la face de ces ballonistes :

« Avec vos aérostats, vous ne pouvez rien, vous n'arriverez à rien, vous n'oserez rien! Le plus intrépide d

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