Robur-le-Conquerant , page 79 by Jules Verne

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habitants d'Omaha devaient apercevoir l'étrange appareil. Mais leur étonnement à le voir planer dans les airs ne pouvait être plus grand que celui du président et du secrétaire du Weldon-Institute de se trouver à son bord.

En tout cas, c'était là un fait que les journaux de l'Union allaient commenter. Ce serait l'explication de l'étonnant phénomène dont le monde entier S'occupait et se préoccupait depuis quelque temps.

Une heure après, l'Albatros avait dépassé Omaha. Il fut alors constant qu'il se relevait vers l'est, en s'écartant de la Platte-River dont la vallée est suivie par le Pacifiquerailway à travers la Prairie. Cela n'était pas pour satisfaire Uncle Prudent et Phil Evans.

« C'est donc sérieux, cet absurde projet de nous emmener aux antipodes? dit l'un.

- Et malgré nous? répondit l'autre. Ah! que ce Robur y prenne garde! Je ne suis pas homme à le laisser faire!...

- Ni moi! répliqua Phil Evans. Mais, croyez-moi, Uncle Prudent, tâchez de vous modérer...

- Me modérer!...

- Et gardez votre colère pour le moment où il sera opportun qu'elle éclate. »

Vers cinq heures, après avoir franchi les montagnes Noires, couvertes de Sapins et de cèdres, l'Albatros volait au-dessus de ce territoire qu'on a justement appelé les Mauvaises-Terres du Nebraska, - un chaos de collines laissées tomber sur le sol et qui se seraient brisées dans leur chute. De loin, ces blocs prenaient les formes les plus fantaisistes. Çà et là, au milieu de cet énorme jeu d'osselets, on entrevoyait des ruines de cités du Moyen Age avec forts, donjons, châteaux à mâchicoulis et à poivrières. Mais, en réalité, ces Mauvaises-Terr

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