Le vicomte de Bragelonne, Tome III.
e n’ai rien à reprocher à cette enfant. Je savais qu’elle en aimait un autre.
-- Le vicomte de Bragelonne, oui. J’en avais prévenu Votre Majesté.
-- Sans doute. Mais tu n’étais pas le premier. Le comte de La Fère m’avait demandé la main de Mlle de La Vallière pour son fils. Eh bien! à son retour d’Angleterre, je les marierai puisqu’ils s’aiment.
-- En vérité, je reconnais là toute la générosité du roi.
-- Tiens, Saint-Aignan, crois-moi, ne nous occupons plus de ces sortes de choses, dit Louis.
-- Oui, digérons l’affront, Sire, dit le courtisan résigné.
-- Au reste, ce sera chose facile, fit le roi en modulant un soupir.
-- Et pour commencer, moi... dit Saint-Aignan.
-- Eh bien?
-- Eh bien! je vais faire quelque bonne épigramme sur le trio. J’appellerai cela: _Naïade et Dryade_; cela fera plaisir à Madame.
-- Fais, Saint-Aignan, fais, murmura le roi. Tu me liras tes vers, cela me distraira. Ah! n’importe, n’importe, Saint-Aignan, ajouta le roi comme un homme qui respire avec peine