Contes du jour et de la nuit
la porte, un jour, sous le premier prétexte venu parce qu'on deviendrait ridicule si quelqu'un s'en apercevait.
Mme Simone écoutait, le regard fixe devant elle, puis elle déclara:
--Non, décidément, le coeur de mon valet de pied ne me paraîtrait pas suffisant. Raconte-moi donc comment tu t'apercevais qu'ils t'aimaient.
--Je m'en apercevais comme avec les autres hommes, lorsqu'ils devenaient stupides.
--Les autres ne me paraissent pas si bêtes à moi, quand ils m'aiment.
--Idiots, ma chère, incapables de causer, de répondre, de comprendre quoi que ce soit.
--Mais toi, qu'est-ce que cela te faisait d'être aimée par un domestique. Tu étais quoi... émue... flattée?
--Émue? non--flattée--oui, un peu. On est toujours flatté de l'amour d'un homme quel qu'il soit.
--Oh, voyons, Margot!
--Si, ma chère. Tiens, je vais te dire une singulière aventure qui m'est arrivée. Tu verras comme c'est curieux et confus ce qui se passe en nous dans ces cas-là.
Il y aura quatre ans à l'automne, je me tro

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