grave; retenir les airs et les couplets de vaudeville, son habitude de fredonner les ponts-neufs de l'ancien régime. Elle avait les idées de son temps, un peu de philosophie n'allant point jusqu'à l'incrédulité, et quelque éloignement pour la cour, avec beaucoup d'attachement et de respect pour Louis XVI. Son esprit gai et positif, vif et libre, était cultivé, sa conversation était piquante et quelquefois hasardée, suivant l'usage de son siècle. Elle n'en donna pas moins à ses deux filles, Claire et Alix[2], une éducation sévère et un peu solitaire, car la mode voulait que les enfants vissent peu leurs parents. Les deux soeurs travaillaient à part du reste de la maison, dans une chambre sans feu, sous la direction d'une gouvernante, tout en cultivant les arts qu'on peut appeler frivoles: la musique, le dessin, la danse. On les menait rarement au spectacle, parfois cependant à l'Opéra,